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Etudiant en master 2 de sciences politiques à l'Institut Catholique d'Etudes Supérieures à La Roche sur Yon, je voudrai me consacrer à la philosophie politique.

mardi 8 décembre 2009

Article du Figaro Madame sur la féminisation de l'homme

L’HOMME EST UNE FEMME COMME LES AUTRES (MADAME LE FIGARO)


ON LUI EMPRUNTE EN DOUCE SA CRÈME EXFOLIANTE OU SON BAUME À LÈVRES ; IL NOUS BRANDIT SON RÉGIME HYPERPROTÉINÉ ENTRE DEUX SÉANCES D’ÉPILATION… LE MÂLE SE SOIGNE ! SERAIT-IL TROP EN PHASE AVEC SA PART DE FÉMINITÉ ?

Paru le 10.10.2009 , par Valérie de Saint-Pierre
IL A MEILLEUR TEINT QUE NOUS

C’est insensé ! Dans les dîners, tout le monde le félicite sur sa belle mine : « Tu es parti en vacances, en week-end… ? » Pendant qu’on fait pâle figure sur le canapé, lui répond modestement : « J’ai tapé la balle tout le dimanche au soleil ! » Menteur ! On ne sait pas ce qui nous retient de dévoiler qu’il se tartine d’autobronzant, le produit qui monte auprès des garçons de 25 à 55 ans. Et avec talent en plus : pas la moindre démarcation carotte. Normal, il s’est aussi acheté un gommage et il prend son temps pour l’appliquer ! On le sait car pendant sa séance bonne mine, on a le temps de coucher les trois petits. Heureusement, il n’est pas encore passé à l’anticernes et au mascara transparent, comme tous ces types étranges que l’on voit sur YouTube donner des make-up tutorials (des leçons de maquillage) à leurs petits camarades…

IL EST TATILLON AVEC SES DESSOUS

Aujourd’hui, c’est shorty pour l’homme moderne ! Ce boxer moulant, plébiscité par tous les mâles et plutôt très seyant, voire sexy, même quand on n’est pas Yannick Noah (pour Sloggy). Chez Ralph Lauren, le shorty représente désormais 70 % des ventes de sous-vêtements masculins. Notre compagnon a ses raisons, sur lesquelles nous ne nous étendrons pas – des histoires de confort, de coutures qui ne serrent pas, à la cuisse et ailleurs –, de préférer le shorty. Mais pas question d’en rafler un pack obscur au supermarché : il ne prend que « sa » marque. C’est un budget, plus du double de celui de nos petites culottes ! Mais bon, au moins, on a pu faire disparaître sans drame les caleçons vintage à nounours et à cœurs qui dataient de sa prépa HEC…

IL VIT DANS LA SALLE DE BAINS
Quand on l’a connu, il se faisait tout petit autour du lavabo. Une mousse à raser, un baume after-shave, un gel coiffant, un déo et voilà. Là, c’est l’attaque des tubes ! 27 % des hommes utilisent aujourd’hui un soin hydratant ou anti-âge, et, en 2015, on estime qu’ils seront un sur deux à s’oindre joyeusement (1)… On est donc priée de pousser son propre arsenal pour laisser l’Hydra Energetic, le High Recharge Anti-Fatigue et la Force Suprême Yeux de Monsieur s’aligner au garde-à-vous. On notera que si les intitulés et les packagings restent virils, le propos est décomplexé : il s’agit de repulper son petit épiderme. On croit rêver : un garçon qui puisait jadis timidement dans notre crème perso parce qu’on insistait ! Mais on ne va pas se plaindre : son baume ultra-lissant pour les lèvres marche très bien sur les nôtres. Il faut juste éviter de se faire prendre la main dans le pot, il déteste qu’on lui pique ses trucs…
(1) Selon la Fédération française de la parfumerie.

IL TRAQUE LE POIL

On ne parle pas là du combat immémorial de l’homme civilisé contre le monosourcil ou la pilosité excessive des narines. Sous prétexte qu’il fait du vélo ou de la natation, il pense à plus drastique : se raser les aisselles, s’offrir un torse ou des jambes lisses pour améliorer son aérodynamisme ! Pour les problématiques de poils, on avait déjà nos ados filles, va-t-on devoir supporter leur père, voire leur frère ? Le marché des crèmes dépilatoires for men et des rasoirs hommes pour le corps est en plein essor. Y a-t-il tant de sportifs de haut niveau dans les pubs, nos hommes sont-ils – comme nous – sur la voie de l’aliénation ? On se compare à des filles incroyablement minces. Ils se mesurent à des jeunes gens anormalement glabres. Et tout le monde perd un peu la tête.

IL EST IMBATTABLE EN RÉGIME

En ces temps de stress, au dîner, on n’a rien contre un bon petit verre de vin ou une assiettée de lasagnes réparatrices ! C’est compter sans cette nouvelle figure du couple : l’homme qui « fait attention »… Au menu : soupe de légumes, quinoa vapeur, eau minérale et dodo. Festif après une rude journée de labeur ! Et très paradoxal : jadis, c’était lui, le pousse-au-crime, et nous, l’ayatollah de la calorie. Depuis peu, les rôles semblent sur le point de s’inverser : 46 % des hommes ont déjà fait un régime, 35 % se pèsent au moins une fois par semaine (1). Allez, on ne va pas bouder le progrès : on est historiquement la première génération de femmes qui va maigrir en couple !
(1) Étude Tanita France.
IL FAIT SON SHOPPING SANS NOUS

Finie la figure du mâle las, traîné de boutique en boutique par une compagne sadique ou inconsciente. 75 % des garçons de moins de 35 ans (1) adorent faire du shopping. Entre eux. Ils préfèrent s’offrir tout seuls leurs cadeaux vestimentaires (à 58 %). Le coton de la chemise n’est pas le bon, le pull pas assez en V, le jean pas assez brut : on l’aura compris, le trenta-quadra du XXe siècle est volontiers vétilleux. Il peut même lui arriver de faire la leçon à la femme de ménage sur le repassage des cols et des poignets ! Et s’il faisait aussi sa lessive ?
(1) Sondage Ipsos


On s’en sort bien, finalement, quand on sait qu’il pourrait :
- Se mettre au jockstrap. Quèsaco ? La version sport du string – une sorte de suspensoir sans la ficelle –, très prisée des athlètes américains et donc connotée hypervirile, en dépit de son look chippendale.
- Se coller des faux cils. Il en rêvait, les Anglais l’ont fait. La marque anglaise Eylure (vendue chez Harrods) commercialise depuis le mois de juillet des faux cils men only, montés sur une bande transparente pour éviter le raccord à l’eye-liner.
- S’offrir une épilation maillot. Et définitive, s’il vous plaît ! Dans les centres laser, c’est « la » zone où les hommes veulent qu’on éradique leurs vilains poils… Loin devant le torse et le dos !
- Se faire un trait de khôl. On trouve un crayon noir spécifique homme chez Jean Paul Gaultier, mais les conseillères Sephora notent que les garçons piochent de plus en plus volontiers dans les lignes pas trop chères pour fille, en gris ou brun…
- Investir dans un slip volumateur. Côté pile, citons le shorty rembourré qui fait la fesse rebondie (chez Gia ou Dim) ; côté face… toutes sortes d’astucieux slips à coussinets ou coutures de soutien qui « avantagent » ceux qui ne sont pas satisfaits de leurs mensurations !

La politique est-elle morte ?


Depuis la fin de la seconde guerre mondiale et la domination des sciences sociales positivistes, la doxa progressiste véhicule largement l’idée selon laquelle la politique n’a plus sa place dans nos sociétés. Le tout-économique suffirait à régir les rapports entre humains puisque toute relation ne serait que le fruit d’une spéculation intéressée. L’homme réduit à une équation se voit alors substituer à l’art de vivre en société le simple calcul coût/bénéfice. Le rôle joué par nos gouvernements à l’échelle nationale ne serait que la transposition de cette attitude utilitariste et « maximisatrice ». Pourtant, le retour du rôle de l’Etat que l’on a constaté lors de la récente crise économique laisse penser que cet effacement est illusoire. Il semble bien que la politique soit naturelle à l’homme et que celle-ci joue un rôle déterminant qu’on ne saurait minorer.

Cela n’a pas empêché des théoriciens issus de la modernité d’envisager des sociétés sans Etat. Face au désir de liberté, les hommes sont, en effet, partagés entre la nécessité d’un chef pour conserver cette liberté et l’appréhension de la remettre dans les mains d’autrui. Marx, par exemple, ne voyait dans un gouvernement que la concentration des pouvoirs de la classe dominante qui lui permettait d’asseoir sa domination sur le prolétariat. L’auteur du Capital prônait donc la disparition de l’Etat. Mais l’expérience communiste nous a prouvé combien cette aspiration était éloignée de la réalité. Alors qu’il incombait à Staline de supprimer l’Etat, toujours celui-ci avançait un prétexte afin de le maintenir : révolte de paysans, présence persistante des « bourgeois saboteurs » puis enfin l’encerclement des « impérialistes ». Staline a d’ailleurs finit par passer au caviar les écrits de Lénine qui imposaient un effacement progressif puis définitif de l’Etat. De même, les libéraux du XIXèmeont cru que l’humanité, une fois parvenue à une certaine maturité pourrait se passer de la présence de l’Etat. La résurgence des grands conflits, l’apparition de crises mondialisées ont vite fait déchanter cette croyance.

Tenter d’amputer l’homme de ses attributs les plus ontologiques ne sert qu’à les faire ressurgir sous des formes plus sombres et déformés. Le politique se développe alors en sous-mains et se mue en des intrigues de couloirs et d’alcôves. Chassez le politique, et il revient dans un galop déchainé.

Aristote avait d’ailleurs déjà déduit que l’homme de par son langage était un animal destiné à la chose politique. Celui-ci tenait dès lors la polis comme une dimension fondamentale de l’homme, avec laquelle il devait composer. Car le pouvoir politique n’est pas un pouvoir comme les autres.

La politique tout d’abord, conditionne de par sa nature les autres activités de la société. Elle détermine, en effet, le mode d’existence de la vie en commun, c'est-à-dire qu’elle est susceptible d’exercer son pouvoir sur toute activité sociale que se soit pour la régenter arbitrairement ou pour lui laisser la liberté et l’autonomie qu’elle aura jugé bon de lui octroyer. De la politique dépend également la paix civile et la sécurité extérieure. Si le théoricien en sciences sociales peut rédiger ses ouvrages en toute tranquillité c’est parce que l’Etat lui assure les conditions nécessaires pour cela. C’est ainsi que Max Weber rendait à l’Etat le « monopole de la violence légitime » comme prérogative absolue.

En outre, la manière de vivre est différente d’un Etat libéral à un Etat autoritaire. Il ne s’agit plus ici de la part de détermination mais d’influence que confère le politique. Un pouvoir arbitraire, bien souvent, suscite des émules et engendre la violence. Il donne le ton des rapports entre humains. Ainsi, sous un régime tyrannique les mœurs sont plus violentes alors qu’elles sont plus douces sous un régime libéral.

Si le rôle clef de la politique est donc si peu visible, c’est peut-être justement grâce au succès qu’elle rencontre dans nos démocraties modernes. Mais dès que survient une crise, la dimension architectonique de la politique éclate à nouveaux aux yeux de tous. Nier la politique comme attribut naturel de l’homme et refuser de voir son rôle décisif sur la vie de tous, c’est se masquer la réalité des rapports humains. Là où il n’y a pas d’ordre, le désordre se fait seul. Ne pas l’admettre, c’est abandonner ses prérogatives de citoyens aux mains d’une minorité de professionnels de la politique qui auront beau juger d’en user à leur discrétion.

Le regard vide de l’Europe

Les critiquent ne manquent pas à l’égard des limites et des impasses de la construction européennes : trop d’élargissement et pas assez d’approfondissement, primat du tout-économique, ou encore impertinence d’une véritable politique communautaire compte tenu des divergences des Etats finalement trop attachés à l’intérêt national. Mais on oublie bien souvent d’observer les fondements culturels du "vieux continent" et sur lesquels se bâtit l’Europe. Car l’Europe a bel et bien une spécificité susceptible de fournir ce dénominateur commun qui fait tant défaut aujourd’hui, ou du moins elle avait : la distance pris à l’égard de sa culture et son corollaire, l’autocritique.

A longtemps existé, en effet, une âme européenne qui constitue notre terreau culturelle et qui se décline selon une triple attitude : l’étude de notre environnement par la connaissance scientifique, la philosophie politique animé par la quête du meilleur régime et, enfin, le regard de l’âme tournée vers elle-même qui cherche à s’évaluer, à s’orienter selon le Bien moyennant une distanciation de la pensée sur elle-même.

Ce dernier élément, est plus que tous les autres, caractéristique de la culture européenne. Dans le septième chapitre de La République, Platon appelle le philosophe à s’extraire de son âme afin de s’élever au-dessus d’elle et de découvrir sa finalité, son télos. Ce texte est véritablement la matrice du souci d’éducation européen et de l’attention porté à la mise en forme de notre âme qui traversera les siècles.

L’avènement du christianisme et les écrits de Saint Augustin révolutionne le regard porté sur soi en transférant le centre de gravité de l’âme en Dieu. L’homme découvre désormais que le soleil platonicien n’est plus en dehors de soi mais dans l’intimité même de notre cœur. La distanciation est ici intériorisée.

Le tournant moderne va ensuite marquer un premier infléchissement du regard européen. Kant, par exemple, porte un coup d’arrêt à la métaphysique en affirmant que l’on ne peut connaître le monde, l’âme et Dieu même si nous nous devons de les penser. Ce refus de l’épistémologie se traduit par un regard transcendantal posé sur le « noumène » qui perpétue encore la mise à distance du sujet sur son idéalité, sa finalité.

La pensée européenne, en somme, est donc cette distanciation qui nous permet de mieux voir en nous, cette attitude à la fois intérieure et retirée, « la proximité d’un lointain » aurait dit Walter Benjamin. Le regard européen s’oriente vers trois horizons : le monde, la cité et l’âme ou de manière métonymique : Rome, Athènes et Jérusalem.

Cette spécificité européenne peut-être décemment affirmée au regard de son histoire. La pensée occidentale est critique, inquiète, tendue en avant dans le sens où elle ne cesse de viser un infini inatteignable. Elle a soif de comparaison avec les autres cultures et se remet perpétuellement en cause. L’Europe, par exemple, a toujours pris conscience de ses crimes et les a condamnées.

Ainsi, pour Patocka, le souci de l’âme est le trait essentiel de l’identité européenne. Or, notre modernité actuelle, tend désormais à se passer de ce souci de l’âme. Elle a refusé dans un premier temps le soubassement de l’âme européenne : le christianisme qui porte en lui l’universalité du message européen que l’on retrouve aujourd’hui dans les droits de l’homme. Mais ce refus de l’identité européenne se perpétue jusqu’en dans une forme sécularisé du désir d’infini. Il n’y a plus aujourd’hui cette volonté de mise à distance avec soi-même : l’individu s’enferme, devient despotique et ne s’impose plus cette quête de sens qui a fait la spécificité de l’esprit européen. D’autant plus que la tendance lourde de l’homme à retomber sans cesse dans une certaine vacuité spirituelle n’est plus compensée par une éducation censée tirer la personne vers le haut : dans nos universités, la réflexion tend à laisser la place à l’érudition.

A l’échelle de l’Union européenne, ce refus identitaire s’observe dans le domaine de l’immigration : l’accueil des nouveaux arrivants ne s’effectue plus sur la base d’un dialogue mais bien d’un monologue culturel. Pourtant, l’identité n’existe que par un jeu d’altérité. L’accueil européen est un accueil vide. Ainsi, paradoxalement, la mondialisation qui exporte les canons culturels européens aux quatre coins du globe ne charrie avec elle que la vacuité d’une identité non assumée. René Char avait bien perçu en son temps le refus d’entretenir la flamme européenne lorsqu’il écrivait s’agissant de l’Europe : « Notre héritage n’est précédé d’aucun testament ».

Pour plus de compléments à ce sujet voir l’œuvre du philosophe Jean-François Mattéi

Un Te Deum pour la nation



Alors que le traité de Lisbonne est en passe d’être ratifié par les derniers pays de l’Union Européenne ne l’ayant pas encore fait, les tenants d’une Europe post-nationale s’apprêtent à célébré la fin du modèle de la nation. Désuète la nation ? Disons plutôt qu’elle fait peur notamment depuis qu’on l’amalgame joyeusement avec le nationalisme à l’origine des deux guerres mondiales. Il s’agirait donc de grandir et de passer à une nouvelle forme d’organisation politique moins archaïque.

Mais revenons d’abord aux fondements de l’organisation politique. Sa forme a bien-sûr évoluée dans l’histoire : bande, tribut, nation, empire. Le principe de la nationalité est lui d’origine révolutionnaire (France) et s’est ensuite imposé sur les décombres des empires à la fin de la première guerre mondiale. Selon Jean Baechler, trois caractéristiques sont aux fondements de la nation : l’autarcie économique, l’autarcie diplomatique et l’autarcie passionnelle (le sentiment nationale). Examinons en particulier le dernier principe à l’aune européenne.

Paul Thibaud, nous propose d’étendre le cadre de la citoyenneté, autrement dit du sentiment d’appartenance à de nouveaux espaces politiquement marqués. D’après lui, cette démultiplication de l’appartenance politique ne remet pas en cause la souveraineté du citoyen qui disposera tout simplement d’un portefeuille de citoyenneté : locale, nationale et européenne. Mais cette schizophrénie ne permet plus la constitution d’une Europe politique. Le principe démocratique, en effet, est composé d’une dualité : il est à la fois garant des droits individuels et organisation d’un gouvernement de manière collective (self-gouvernment). C’est la distinction entre l’individu et le citoyen. Si la construction de l’Europe accroit les droits de l’individu elle limite, en revanche, les pouvoirs du citoyen du fait de l’extension des peuples ayant voix au chapitre dans ce système. Ainsi, l’Union Européenne actuelle simplifie la démocratie puisqu’elle ne propose plus qu’une extension des droits, ce qui apparaît de prime abord très séduisant. Toutefois la dissolution du rôle du citoyen ne fait plus de l’Europe un espace politique mais de civilisation. En supprimant la tension entre l’individu et le citoyen elle ne propose plus « une communauté de destin ».

Si cette analyse est juste, l’Europe souffrirait donc d’une indéfinition politique. Aristote disait : « les citoyens mettent en commun les actions et les raisons ». La mise en commun est inscrite dans l’ontologie démocratique. Aujourd’hui, les Européens ne savent pas ce qu’ils veulent mettre en commun, ils veulent simplement acquérir plus de droits.

Certains pourraient alléguer le principe démocratique comme premier élément du creuset européen. Mais se serait prendre la forme pour le fond. Le principe démocratique, en effet, est le consentement à se donner une loi dans un cadre donné, pas un principe permettant de définir ce cadre. S’il suffit d’un régime démocratique pour prétendre à l’entrée de l’Union Européenne son extension sera illimitée. Il en est de même pour les droits de l’homme dont la portée se veut universelle.

Ainsi, le « patriotisme constitutionnel » tel que le défend Habermas abrite une aporie rédhibitoire. Refuser de donner une consistance politique à l’Europe revient à saper les fondements de la démocratie libérale. Le flou politique entretenu par Bruxelles n’est pas viable à long terme : l’explosion des procédures européennes lors de la crise économique qui a vu les grandes puissances s’auto-concerter l’a bien confirmée.


Pour plus de complément à ce sujet voir Cours familier de philosophie politique de Pierre Manent

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