Qu’est-ce que la mondialisation ? c’est l’élargissement contenu et l’intensification des échanges des biens, des services, des investissements, des transactions financières, des mouvements de population et, enfin, des connaissances qui ont pour conséquences un partage et une mutualisation quasi immédiate des découvertes scientifiques dans tous les domaines, accélérant ainsi de façon cruciale la vitesse de diffusion des innovations.
Quelques éléments indispensables au développement de la mondialisation : privatisation, ouverture (frontières), confiance (Etat de droit, contrats), motivation (rémunération de la réussite), concurrence institutionnelle généralisée
La mondialisation est un phénomène ancien mais il s’est emballé de manière exponentielle depuis les années 90, après l’effondrement de l’URSS.
La mondialisation suscite de nombreuses passions mais nous traiterons plutôt de raison, de logique et de faits. Il ne s’agit donc pas d’un parti pris idéologique mais de démontrer, preuve à l’appui, les conséquences de la mondialisation. Cette note est volontairement brève et donc peu explicite. Pour plus de détails, il faudra se référer aux auteurs cités ou aux sites internet mentionnés à la fin.
Nous étudierons dans un premier temps les attaques couramment adressés à l’encontre de la mondialisation puis les bienfaits certains qu’on peut lui imputer.
1-Les idées couramment véhiculées à l’encontre de la mondialisation
Maurice Allais (prix Nobel d’économie) ; Joseph Stiglitz (« La grande désillusion »)
A- La mondialisation appauvrit
- La mondialisation supprimerait des emplois à cause des délocalisations : si dans un premier temps des emplois sont supprimés dans les PD (Pays Développés), il en est créé d’autres dans les PED (Pays En voie de Développement). Ceux-ci, en se développant, vont alors acheter davantage aux PD, et, de par leur demande, vont créer des emplois dans les PD. En outre, plus les PED se développeront plus leur salaire moyen augmenteront et les délocalisations diminueront.
- La concurrence des produits étrangers tueraient les industries nationales : en achetant un produit étranger moins cher, le consommateur économise une somme d’argent (coût d’opportunité) qu’il peut ensuite reverser dans l’économie nationale (restauration par exemple). De plus, les entrepreneurs de PD, pour faire face à la concurrence des pays émergeants, ont tout intérêt à se reconvertir dans des secteurs nécessitant un avancement technologique que ces derniers n’ont pas.
- La mondialisation engendrerait l’instabilité financière: cette instabilité n’est pas due à la spéculation qui ne peut s’éloigner longtemps de la valeur du bien (cf. 1-B) mais aux erreurs des Etats, des banques centrales, du FMI et de la banque mondiale (politiques d’ajustement structurel) qui en intervenant dans l’économie croient pouvoir anticiper l’évolution du marché mais n’ont que pour unique conséquence de le détraquer. N’oublions pas non plus que la collusion entre politiciens et financiers est souvent fatale.
B- La mondialisation ne profite qu’aux riches
- La mondialisation exploiterait les travailleurs les plus démunis : pourquoi alors les pays les plus pauvres, là où les salaires sont les plus bas, ne sont-ils pas saturés d’investissements étrangers ? En 1990, 81% des IDE (Investissement Direct à l’Etranger) des Etats-Unis se concentraient au Canada, au Japon et Europe de l’Ouest, 18% dans les pays émergeants et 1% dans les PED. Or le capital se concentre là où il est rentable. L’exploitation des populations à faible coût n’est donc pas rentable. Rappelons encore une fois que les IDE favorisent le développement des PED. Si la main d’œuvre est un temps sous-payée, cela ne dure pas indéfiniment. Ainsi, les pays qui ont ouvert leurs économies au commerce international ont vu leur classe moyenne augmenter.
- La mondialisation ne profiterait qu’aux multinationales : un échange libre est profitable aux deux parties, sinon ils ne le décideraient pas. Il ne faut pas oublier que la valeur d’un bien est subjective et non pas objective. Il n’y a donc pas de « pillage du tiers-monde ». L’économie n’est pas un jeu à somme nul, mais à somme positive : tout le monde est gagnant.
- La spéculation ne profiterait qu’aux riches: la spéculation a son utilité, elle est à l’économie ce que l’essence est au moteur. Elle fournit les capitaux nécessaires aux investissements. Surtout, la spéculation est une anticipation de la valeur d’un bien, d’une action, d’une devise. Si elle se détache de cette valeur, elle est tôt ou tard sanctionnée par le marché. « Dire que la spéculation rend un vrai service, ce n’est pas politiquement correct mais c’est scientifiquement prouvé », Jean-Yves Naudet.
C- La mondialisation ravage tout sous les lois du marché
- L’économie tuerait le politique : une économie ouverte n’empêche pas l’intervention de l’Etat dans d’autres domaines, l’exemple le plus flagrant à cet égard est la Chine. En outre, le libre-échange reconnait à l’Etat ses droits régaliens et s’appuit sur eux pour obtenir un cadre institutionnel permettant de faire respecter des contrats.
- La mondialisation homogénéiserait la culture: la culture de la mondialisation n’est pas si américaine qu’on le prétend (Harry Potter, Pokemon, Bollywood…). On ne peut non plus fermer les cultures les unes aux autres sous peine de les figer. Il est de même trop facile de faire porter le chapeau du déclin de la culture française à la mondialisation. Les Français ne se plaignaient pas tant que cela lorsque leur langue était dominante en Europe. Enfin, la mondialisation fait naître un besoin communautaire nouveau. A un déracinement suit un besoin de ré-enracinement (Gary Becker). La résurgence des identités n’a jamais été aussi prégnante qu’au XXIème siècle. Dans la même veine, les produits culturels classiques (livres) suscitent déjà ce regain nostalgique et laissent entrevoir qu’ils ne disparaîtront pas.
- La mondialisation détruit la planète et ses ressources : « Il n’est de richesse que d’hommes » disait Jean Bodin. La véritable ressource, c’est l’homme. Le jour où telle matière premier aura disparu, l’homme en aura déjà trouvée une nouvelle à exploiter ou aura trouvé le moyen d’en créer de lui-même. De même, le développement technologique permet de trouver des solutions capables de contrer la pollution engendrée par le développement (nouvelles énergies, recyclage…).
2- Les arguments en faveur de la mondialisation
Pascal Salin, Jacques Garello, Gary Becker, Jean-Yves Naudet
A- L’échange est créateur de richesse
- Le pouvoir d’achat augmente : le vrai mérite de l’échange ce n’est pas la spécialisation qui n’existe pas à l’échelle des pays, c’est la compétition. Cette compétition fait baisser les prix et favorise la consommation. En favorisant la consommation, elle crée des emplois. L’échange engendre alors un cercle vertueux.
- Le libre-échange est la solution au développement des PED : Aucun pays ayant fermé ses frontières n’a pu faire le moindre progrès. L’échange crée la richesse, c’est un jeu à somme positive. L’enrichissement des riches ruissellent toujours sur celui des pauvres (Reagan). Le libre échange avantage tout le monde. Tout les pays qui se sont ouverts au commerce international se sont développés. La meilleur aide pour les PED c’est le marché (Traid not aid). Aider les PED en annulant leur dette c’est en faire des assistés, leur verser des sommes d’argent c’est les faire vivoter sous perfusion.
- Le libre-échange est une solution à la fin du travail des enfants dans le monde : l’ouverture au commerce international enrichit les populations pauvres et permettent aux parents d’envoyer leurs enfants à l’école. 250 millions d’enfants travaillent dans le monde, mais la proportion à diminué depuis la mondialisation.
B- Le libéralisme est une harmonie
- La mondialisation n’est pas anarchique : l’échange a besoin d’institutions et d’un Etat de droit pour faire respecter les contrats. Le marché ce n’est pas la loi du plus fort mais du meilleur. Tout le monde a quelque chose à gagner dans la mondialisation car elle permet à chacun de développer le talent qui lui est propre, quel qu’il soit.
- Le commerce adoucit les mœurs : Montesquieu parlait du « doux commerce ».La mondialisation réduit les conflits et entraîne l’Etat de droit et la démocratisation de la société. L’homme est forcé de s’ouvrir à son voisin et de dépasser les préjugés à la source d’incompréhension et de xénophobie. La sympathie accompagne l’intérêt. A l’inverse, le protectionnisme entretient cette méfiance : « quand les marchandises ne peuvent traverser les frontières, les armées les traverseront ».
- La mondialisation est éthique : en privilégiant les principes de liberté et de responsabilité, elle permet à l’homme de s’élever et d’offrir ce qu’il a de meilleur en lui-même tout en sanctionnant ses négligences ou sa paresse. En outre, Le principe de subsidiarité propre au libéralisme grandit l’homme au lieu de l’infantiliser. Enfin, la mondialisation, grâce aux NTIC, permet aujourd’hui d’alerter l’opinion publique sur ce qui se passe dans le monde entier en quelques secondes. La pression sur les régimes violents à travers le monde s’est considérablement accentuée (Chine, Iran..).
C- L’impasse du protectionnisme
- Le dumping social est un non-sens: l’expression dumping social ne veut rien dire. Le dumping est un prix inférieur au coût de revient d’un produit, c'est-à-dire que l’entreprise sera déficitaire en le vendant. Or lorsqu’on accuse un pays de dumping social aujourd’hui on désigne en réalité des conditions de productions différentes (moins de normes, salaires moins élevés…). Il s’agit donc de concurrence. Le libre échange n’exige pas l’égalité des conditions de concurrence sinon les riches ne devraient échanger qu’entre eux et les pauvres ne feraient qu’acheter aux riches sans rien leur rendre en retour. Ce qui fait l’efficacité de l’échange c’est justement l’inégalité des conditions de production.
- Il n’y a pas de troisième voie entre libéralisme et planification : « La troisième voie, ce n’est pas de voie du tout, c’est une impasse », Vaclav Klaus. Les politiques keynésiennes sont des tours de prestidigitateur. On ne peut prétendre anticiper et influer avec justesse sur une entité aussi complexe que le marché. Les facteurs sont trop nombreux. Les effets des politiques interventionnistes sont donc toujours désastreux. De plus, si le protectionnisme créé dans un premier temps des emplois dans les industries protégées et importatrices il en fait ensuite perdre aux entreprises exportatrices dont les produits deviennent plus chers à cause des tarifs ou des quotas d’exclusion.
- La taxe Tobin : défendue par l’association ATTAC, la taxe Tobin se propose de prélever 0,1% du montant de toutes les transactions monétaires mondiales. En réalité, cela représente un alourdissement 6 à 7 fois supérieur pour l’économie mondiale (cf. les travaux de Gérard Bramoulé) et conduirait à une décroissance à terme.
Pourquoi les altermondialistes et les protectionnistes nous empêcheraient-ils d’échanger ? L’échange est le propre de l’homme, il est inscrit dans sa nature. Cela est un droit qui devrait être reconnu à tous. Ces derniers, n’hésites pourtant pas employer la violence pour nous en empêcher.
La mondialisation est de toute façon une réalité avec laquelle il faut composer. Jouer la politique de l’autruche en l’ignorant ou se lamenter dessus comme une malédiction n’avance à rien. La mondialisation est plutôt un défi à relever, un lourd défi, qui va nécessiter des hommes de qualité pour faire face aux nouvelles exigences éthiques que l’échange mondialisé impose.
Sites internet :
http://www.dailymotion.com/Liberte_Cherie